La MRC et le CLD de l’Érable ont présenté leur nouvelle vision pour développer la zone agricole. Cette stratégie tout à fait unique s’inscrit dans la nécessité de freiner la décroissance de la population, d’offrir de véritables possibilités de relève en agriculture et d’optimiser l’utilisation des nombreuses terres agricoles.
« Un diagnostic sur la zone agricole a permis des faire ressortir ses forces, ses faiblesses, des défis et avenues de développement », a expliqué d’entrée de jeu le directeur du CLD/MRC de L’Érable, Rick Lavergne. La « vision stratégique » qui en est ressortie intègre une stratégie d’aménagement du territoire (relevant de la MRC) accompagnée d’un plan de développement de la zone agricole (mandat octroyé au CLD).
Une visée ambitieuse dans le but de stimuler l’économie régionale
Le plan de développement de la zone agricole (PDZA) qui a été présenté entraînera une nouvelle façon de faire de l’agriculture. Ainsi, la construction d’une résidence en zone agricole assortie d’un projet d’agriculture, de foresterie ou d’agrotourisme à temps partiel pourrait désormais être possible dans l’Érable si la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) adhère à la vision portée par le PDZA.
« Ici, 96 % du territoire se trouve en zone agricole. La perte de 2000 personnes depuis vingt ans nous force à être créatifs et à expérimenter de nouveaux modèles », a ajouté M. Lavergne.
Nouvelle venue au sein de l’équipe du CLD
Le lancement des travaux du PDZA coïncide avec l’embauche d’une conseillère agroalimentaire. Solange Thibodeau, en poste depuis la mi-août, s’est trouvée elle-même dans la chaise du promoteur-type visé par le PDZA. Fondatrice et propriétaire de 2005 à 2010 de l’entreprise les Fruits de l’Idéel, une entreprise de transformation acéricole et de petits fruits, Mme Thibodeau confirme le soutien qui sera apporté : « Les promoteurs seront bien encadrés, ils bénéficieront de l’expertise du personnel du CLD. L’élaboration et l’évaluation du plan d’affaires leur permettra de clarifier leur projet et d’en saisir la viabilité. Un suivi régulier sera effectué par la suite. » Pour le soutien des entreprises existantes, la conseillère a tenu à préciser : « Pas question de les laisser tomber, l’idée est de proposer de nouvelles possibilités. »
Plusieurs terres inutilisées et sans résidence peuvent présenter des atouts intéressants pour y développer des activités agricoles. En ce sens, l’exemple de la canneberge est plutôt éloquent : la plaine des basses terres offrait des conditions moins favorables à la production agricole et l’industrie de la canneberge y a connu un fort développement au cours des vingt dernières années.
Le CLD entend bien profiter de l’expertise développée dans le secteur traditionnel qui demeure très dynamique et, bien que l’agriculture à temps plein soit pleinement encouragée, il reste que la production laitière notamment est difficilement accessible pour la relève impliquant des capacités financières qu’elle n’a pas nécessairement. Les projets différents, à plus petite échelle, par exemple la production forestière, végétale, maraîchère, certaines productions animales, sont souhaitées et recherchées.
Un projet compatible avec les forces et les défis du territoire
Une condition essentielle pour réussir un tel virage
La mobilisation du milieu demeure une prémisse au succès de la démarche. Dans l’étape de l’élaboration, le PDZA a d’abord été conduit par un comité de pilotage. Pour la mise en œuvre, les membres du comité stratégique agroalimentaire du CLD ont confirmé le 14 septembre dernier qu’ils appuyaient fortement l’initiative : « Les gens autour de la table sont en quelque sorte un comité aviseur par rapport aux démarches entreprises. Ils portent les préoccupations des agriculteurs et croient fermement aux avenues prometteuses du PDZA pour dynamiser l’économie de la région », a expliqué Julie Fitzbay, agronome et présidente du comité.
Le 29 juin dernier, le comité de pilotage avait réuni une cinquantaine de personnes, agriculteurs, élus, représentants de l’UPA, entreprises agroalimentaires pour présenter le projet et susciter les réactions. Une tournée sur le terrain a également été entreprise par la conseillère agroalimentaire pour faire connaître le projet et mobiliser le milieu.